Recours | licenciement arrêt maladie

  • Licenciement pendant un arrêt maladie
  • Licenciement en raison de l’état de santé du salarié
  • Absences prolongées ou répétées perturbant l’entreprise
  • Licenciement pour faute pendant un arrêt de travail
  • Licenciement après un accident du travail ou une maladie professionnelle
  • Licenciement pour inaptitude
  • Contestation de la rupture du contrat de travail
  • Demande d’indemnités
  • Saisine du conseil de prud’hommes
  • Cabinet d’avocats en droit du travail

Démarrez la procédure

Un salarié en arrêt maladie peut, dans certaines situations, être licencié, mais son état de santé ne peut pas, à lui seul, constituer le motif de la rupture de son contrat de travail.

Un tel licenciement est discriminatoire au sens de l’article L. 1132-1 du Code du travail et doit donc être frappé de nullité. Cependant, la protection du salarié en arrêt maladie n’est pas absolue et son contrat peut, sous certaines conditions, être rompu.

Le niveau de protection varie notamment selon l’origine professionnelle ou non de la maladie.

Un licenciement prononcé en raison de l’état de santé du salarié peut être discriminatoire et entraîner la nullité de la rupture. En revanche, certains motifs étrangers à la maladie peuvent justifier un licenciement pendant l’arrêt de travail.

Explications et questions fréquentes 

Peut-on licencier un salarié en arrêt maladie ?

Il est possible de licencier un salarié en arrêt maladie, mais l’employeur ne peut pas licencier un salarié en raison de son état de santé, ce qui doit être distingué de l’inaptitude.

L’article L. 1132-1 du Code du travail dispose qu’« aucune personne ne peut être licenciée en raison de son état de santé, de sa perte d’autonomie ou de son handicap ».

Un licenciement fondé directement sur la maladie constitue une discrimination interdite. Un motif distinct de l’état de santé, par exemple, disciplinaire, peut toutefois, sous certaines conditions, justifier la rupture du contrat. En revanche, un salarié en accident de travail ou maladie professionnelle bénéficie d’une protection renforcée.

Licenciement pendant un accident du travail ou une maladie professionnelle

La protection est renforcée lorsque l’arrêt de travail résulte d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle.

Pendant la période de suspension du contrat, l’article L. 1226-9 du Code du travail interdit à l’employeur de rompre le contrat, sauf s’il justifie :

  • d’une faute grave du salarié (ex. L’employé qui refuse de se présenter à la visite médicale de reprise ou viole son obligation de loyauté) ;
  • ou de l’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’accident ou à la maladie.

💡 Selon la jurisprudence, cette impossibilité doit découler de circonstances indépendantes du comportement du salarié et de son état de santé. Ainsi, le salarié ne peut pas être licencié du fait de perturbations causées par son absence ou d’une insuffisance professionnelle (Cass. Soc. 12 mai 2004, n° 02-44.325).

Un licenciement prononcé en méconnaissance de cette protection peut être frappé de nullité.

Arrêt maladie et licenciement disciplinaire

L’arrêt maladie ne place pas le salarié à l’abri de toute procédure disciplinaire.

L’employeur peut engager un licenciement pour faute lorsque les faits reprochés au salarié sont distincts de son état de santé et peuvent juridiquement justifier une sanction disciplinaire.

Il ne peut en revanche transformer l’absence pour maladie elle-même en faute du salarié.

Arrêt maladie et inaptitude

Il faut distinguer l’arrêt maladie de l’inaptitude.

L’inaptitude est constatée par le médecin du travail dans les conditions prévues par le Code du travail. Lorsqu’elle est prononcée, l’employeur doit en principe rechercher un reclassement compatible avec les capacités du salarié, sauf dans les hypothèses où il en est légalement dispensé.

Le licenciement pour inaptitude obéit donc à une procédure et à des règles d’indemnisation spécifiques selon l’origine professionnelle ou non de l’inaptitude.

Quels sont les motifs légitimes de licenciement pendant un arrêt de maladie ?

Les salariés en arrêt pour « maladie non professionnelle » peuvent être licenciés pour des motifs autres que la maladie : désorganisation de l’entreprise, aptitude, discipline par exemple.

La désorganisation de l’entreprise

L’absence du collaborateur pour maladie ne peut pas en elle-même motiver la rupture de son contrat. En revanche, le licenciement est possible si l’employeur apporte la preuve que cette absence cause des perturbations dans le bon fonctionnement de l’entreprise.

Il existe trois conditions :

  • Une absence prolongée ou des absences répétées ;
  • Une perturbation dans le fonctionnement de l’entreprise (les Juges tiennent compte notamment du nombre et de la durée des absences, de la taille de l’entreprise et des fonctions occupées par l’employé) ;
  • La nécessité de procéder à un remplacement définitif du salarié. Elle suppose que l’entreprise embauche un nouveau collaborateur avec des horaires équivalents et sous CDI (et non pas sous CDD ou contrat d’intérim). Ce remplacement doit intervenir à une date proche du licenciement (Cass., soc. 16 septembre 2009, n° 08-41.879). Les juges considèrent, par exemple, qu’un délai de 6 mois est excessif pour recruter une Secrétaire administrative, mais raisonnable dans le cas d’un poste de Directeur (Cass. soc., 24 mars 2021, n° 19-13188).

En outre, l’absence du collaborateur ne doit pas résulter d’un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité (ex. : surcharge de travail causant un stress intense et une dégradation de l’état de santé de l’employé, ou harcèlement moral).

ATTENTION : certaines conventions collectives comportent une « clause de garantie d’emploi » qui interdit pendant une certaine période (ex. 6 mois) de rompre le contrat du salarié malade dont l’absence désorganise l’entreprise. À défaut, c’est un licenciement sans cause réelle et sérieuse (Cass., soc. 18 décembre 2019, n° 18-864).

L’inaptitude médicale du salarié

Le licenciement pour inaptitude est possible sans pour autant méconnaître le principe de non-discrimination.

À l’issue d’un arrêt maladie, le médecin du travail peut déclarer le collaborateur inapte à reprendre son activité professionnelle. L’employeur doit alors chercher à le reclasser dans un autre emploi adapté à ses capacités. Il n’est dispensé de cette obligation que si l’avis médical mentionne que « tout maintien du salarié dans l’emploi sera gravement préjudiciable à sa santé » ou que « l’état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi ».

L’employeur peut résilier le contrat s’il justifie (par écrit) :

  • D’une impossibilité de reclassement en l’absence de poste conforme disponible ;
  • Ou d’un refus par l’employé du ou des postes proposés.

Le motif disciplinaire en cas de faute du salarié

Malgré la suspension de son contrat de travail, le collaborateur absent pour maladie peut être licencié s’il commet une faute sérieuse, une faute grave ou une faute lourde (ex. mensonge sur son état de santé, exercice d’une activité concurrente…). L’employeur peut également mettre en œuvre une procédure disciplinaire s’il a connaissance de faits fautifs antérieurs à l’arrêt maladie.

Le motif économique

Les salariés absents pour maladie sont, au même titre que tous les autres employés de l’entreprise, susceptibles de faire l’objet d’une procédure de licenciement pour motif économique.

Selon l’article L. 1233-3 du Code du travail (modifié par la Loi du 29 mars 2018), le licenciement économique n’est valable qu’en cas :

  • De suppression de poste ;
  • De transformation d’emploi ;
  • Ou de modification essentielle du contrat de travail refusée par le collaborateur.

Elles doivent faire suite notamment à :

  • Une cessation d’activité ;
  • Des difficultés économiques sérieuses ;
  • Des mutations technologiques ;
  • Une restructuration nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité de l’entreprise. L’employeur doit en ce cas respecter une procédure spécifique de licenciement pour motif économique : PSE.

Les autres motifs de licenciement non disciplinaire

Certains faits non fautifs peuvent justifier le licenciement d’un salarié absent pour maladie lorsqu’ils sont constitutifs d’une cause réelle et sérieuse. C’est le cas notamment :

  • D’une insuffisance professionnelle, telle que la commission répétée d’erreurs professionnelles par le collaborateur malgré le suivi de formations ;
  • D’objectifs contractuels non atteints, à condition qu’ils aient été raisonnables et compatibles avec le marché (Cass., soc. 30 mars 1999, n° 1484) ;
  • D’un refus de modification de son contrat de travail par le salarié ;
  • D’une mésentente entre collaborateurs ou d’une perte de confiance si elle repose sur des faits objectifs, précis et qu’elle est imputable au collaborateur ;
  • D’actes de la vie personnelle de l’employé, mais uniquement si l’employeur démontre qu’ils causent un « trouble caractérisé au sein de l’entreprise » (Cass. soc., 15 janvier 2014, n° 12-22.117).

Quand peut-on licencier un salarié en arrêt maladie ?

En cas de maladie non professionnelle, le licenciement peut notamment être envisagé pour une faute commise par le salarié ou sous des conditions strictes, lorsque ses absences prolongées ou répétées perturbent le fonctionnement de l’entreprise et rendent nécessaire son remplacement définitif.

La convention collective peut cependant prévoir une période de garantie d’emploi.

Est-il possible d’être licencié pendant un arrêt maladie pour dépression ?

La dépression constitue un état de santé et ne peut donc pas, en elle-même, justifier un licenciement.

L’employeur peut néanmoins invoquer un motif distinct de la maladie, sous réserve d’en démontrer la réalité et de respecter les protections applicables au salarié.

Est-il possible de licencier un salarié en arrêts maladie successifs ?

Des absences répétées pour maladie non professionnelle peuvent exceptionnellement justifier un licenciement lorsqu’elles entraînent une perturbation objective du fonctionnement de l’entreprise nécessitant le remplacement définitif du salarié.

L’employeur doit être en mesure de démontrer ces deux conditions.

Est-ce que l’arrêt maladie repousse un préavis de licenciement ?

En principe, un arrêt pour maladie non professionnelle survenant pendant le préavis n’en reporte pas le terme.

Des règles différentes peuvent notamment s’appliquer lorsque l’arrêt est lié à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, ainsi qu’en présence de dispositions conventionnelles plus favorables.

Puis-je aller à un entretien de licenciement en arrêt maladie ?

Il est possible d’aller à un entretien de licenciement en arrêt maladie.

L’arrêt maladie n’interdit pas au salarié de participer à un entretien préalable au licenciement si son état de santé le lui permet. L’employeur doit respecter la procédure et convoquer le salarié au moins cinq jours ouvrables avant l’entretien.

Quel est le délai de protection contre le licenciement en cas d’arrêt maladie ?

Il n’existe pas de période générale de protection contre le licenciement applicable à tout arrêt pour maladie non professionnelle.

Une convention collective peut toutefois prévoir une garantie d’emploi pendant une certaine période. En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, le Code du travail prévoit une protection particulière pendant la suspension du contrat.

Consultez nos articles sur le sujet :

Quels recours en cas de licenciement pendant un arrêt maladie ?

L’arrêt maladie suspend l’exécution du contrat de travail, mais ne fait pas systématiquement obstacle à une procédure de licenciement.

L’employeur doit cependant pouvoir justifier la rupture par un motif juridiquement valable et respecter la procédure prévue par le Code du travail : convocation à l’entretien préalable, entretien, puis notification du licenciement par lettre. Une protection renforcée s’applique lorsque l’arrêt résulte d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle.

Le salarié licencié pendant un arrêt de travail peut contester la décision de son employeur lorsqu’il estime que le motif réel de la rupture est son état de santé, que les conditions permettant son licenciement ne sont pas réunies ou que la procédure n’a pas été respectée.

Licenciement d’un salarié en arrêt maladie : quelle est la procédure à suivre ?

Le fait que le salarié soit en arrêt maladie ne dispense pas l’employeur de respecter la procédure de licenciement applicable (motif personnel ou économique).

La procédure de licenciement pour motif personnel

Pour un licenciement pour motif personnel, la procédure comporte notamment :

  1. la convocation à un entretien préalable par lettre recommandée ou remise en main propre contre décharge ;
  2. un délai d’au moins cinq jours ouvrables entre la présentation de la convocation et l’entretien ;
  3. l’entretien préalable, au cours duquel l’employeur expose les motifs de la décision envisagée et recueille les explications du salarié ;
  4. la notification du licenciement par une lettre motivée.

L’absence du salarié à l’entretien préalable ne suffit pas à empêcher la poursuite de la procédure.

La procédure du licenciement pour motif économique

Si l’employeur envisage de licencier son salarié pour motif économique, la procédure à respecter est sensiblement différente :

  • Convocation à un entretien préalable (1) : par lettre RAR ou bien remise en main propre ;
  • Entretien préalable au licenciement (2) : à une date fixée au minimum 5 jours ouvrables à compter de cette convocation ;
  • Notification d’une lettre de licenciement (3) : par lettre RAR après un délai d’au moins 7 jours ouvrables pour un collaborateur non-cadre et 15 jours ouvrables pour un salarié cadre. Cette lettre de licenciement doit obligatoirement mentionner : le motif économique, une priorité de réembauchage pendant un délai de 1 an à compter de la rupture du contrat (article L1233-45 du Code du travail) ainsi qu’une proposition de « Contrat de Sécurisation Professionnelle » (CSP) dans les entreprises de moins de 1000 salariés ou d’un « Congé de Reclassement Personnalisé » dans celles de 1000 salariés ou plus ;
  • Information à la DIRECCTE ou Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (4) : dans un délai de 8 jours suivant le jour de la notification.

Comment contester un licenciement pendant un arrêt maladie ?

Le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes afin de demander au juge de contrôler le motif et les conditions de la rupture.

Il est utile de conserver tous les éléments permettant d’établir le contexte du licenciement :

  • contrat de travail ;
  • arrêts de travail ;
  • convocation à l’entretien préalable ;
  • lettre de licenciement ;
  • échanges avec l’employeur ;
  • éléments relatifs aux absences et à leur organisation dans l’entreprise ;
  • convention collective ;
  • documents relatifs à un éventuel accident du travail ou à une maladie professionnelle.

Selon les circonstances, le salarié peut notamment demander la reconnaissance d’un licenciement nul ou sans cause réelle et sérieuse ainsi que le paiement des indemnités correspondantes.

Quelle indemnisation en cas de licenciement irrégulier ou injustifié ?

Les conséquences dépendent de la qualification retenue par le juge.

Si le licenciement est simplement dépourvu de cause réelle et sérieuse, le salarié peut obtenir l’indemnité prévue par le barème de l’article L. 1235-3 du Code du travail.

Lorsque le licenciement est nul, notamment parce qu’il repose sur une discrimination liée à l’état de santé, le régime est plus protecteur. Le salarié peut demander sa réintégration ou, lorsqu’elle n’a pas lieu, les indemnités prévues par le Code du travail.

À ces sommes peuvent s’ajouter, selon la situation, l’indemnité de licenciement, l’indemnité compensatrice de préavis et les congés payés correspondants.

Quel conseil de prud’hommes saisir ?

Le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes territorialement compétent afin de contester son licenciement, à savoir celui du lieu de l’exécution de la prestation de travail.

L’affaire passe en principe par le bureau de conciliation et d’orientation avant, en l’absence d’accord, d’être orientée vers le bureau de jugement.

L’assistance d’un avocat en droit du travail n’est pas obligatoire devant le conseil de prud’hommes, mais elle peut être utile pour déterminer le fondement juridique du recours, analyser la lettre de licenciement et chiffrer les indemnités demandées.

💡Le recours à l’avocat devient obligatoire si l’affaire se poursuit en appel.

Quel délai pour contester le licenciement ?

En principe, l’action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit par 12 mois à compter de la notification de la rupture.

Des règles particulières peuvent toutefois s’appliquer selon le fondement du recours, notamment lorsque le salarié invoque une discrimination liée à son état de santé (5 ans).

Il reste néanmoins recommandé d’engager rapidement les démarches nécessaires à la protection de ses droits.

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