Recours | contre un refus de congés payés
- Refus d’une demande de congés payés
- Refus répétés de l’employeur
- Absence de réponse à une demande de congé
- Modification tardive des dates de congés
- Congés imposés par l’employeur
- Congés annulés au dernier moment
- Désaccord sur l’ordre des départs
- Congés payés et arrêt maladie
- Saisine du conseil de prud’hommes
- Contestation d’un refus abusif
Démarrez la procédure
Le salarié bénéficie chaque année d’un droit à congés payés, mais il ne choisit pas librement et unilatéralement ses dates de départ.
Les dates de congés sont fixées selon les règles prévues par accord d’entreprise, d’établissement ou de branche. À défaut d’accord, l’employeur fixe la période de prise et l’ordre des départs après avis, le cas échéant, du CSE. Il doit notamment tenir compte de la situation familiale, de l’ancienneté et de l’activité du salarié chez d’autres employeurs. Sauf circonstances exceptionnelles, les dates déjà fixées ne peuvent pas être modifiées moins d’un mois avant le départ.
L’employeur peut refuser certaines dates en raison des nécessités de fonctionnement de l’entreprise, sous réserve de respecter les règles prévues par la convention collective, l’accord applicable et le Code du travail.
En revanche, un refus ne doit pas être abusif, discriminatoire ou avoir pour effet de priver durablement le salarié de son droit au repos. En cas de désaccord persistant, plusieurs recours sont possibles, jusqu’à la saisine du conseil de prud’hommes.
Qui a droit aux congés payés ?
Le télétravail, qu’est-ce que c’est ?
Tous les salariés ont droit à des congés payés, quel que soit le type de contrat de travail ou l’ancienneté. La loi prévoit deux jours et demi de congé par mois travaillé (24 jours de travail) dans une même entreprise. Toutefois, le total des jours de congés payés ne peut pas dépasser 30 jours ouvrables, c’est-à-dire 30 hors dimanche et jours fériés (article L. 3141-3 du Code du travail). Cela équivaut à environ 5 semaines de congés par an pour un salarié qui est resté dans la même entreprise pendant l’année écoulée.
En principe, le salarié ne peut pas prendre plus de 4 semaines (24 jours ouvrables) à la suite (article L. 3141-17 du Code du travail). Par ailleurs, lorsque la durée des congés est inférieure à deux semaines, l’employeur ne peut pas imposer au salarié de les prendre en plusieurs fois (article L. 3141-18 du Code du travail).
Enfin, les salariés doivent être prévenus au moins 2 mois à l’avance de la période à laquelle ils pourront prendre leurs congés (article D. 3141-5 du Code du travail).
Est-ce que mon employeur peut refuser mes congés ?
L’employeur peut refuser les dates demandées, notamment pour assurer la continuité du service, faire face à une forte activité ou tenir compte de l’ordre des départs. Le refus ne doit toutefois pas être abusif et le salarié doit pouvoir prendre ses congés à une autre période.
💡 Le refus peut être justifié par l’augmentation de l’activité de l’entreprise à la période demandée ou, dans certains secteurs, l’impossibilité légale de diminuer ou d’interrompre l’activité de l’entreprise (transports, santé…), ou encore par des circonstances exceptionnelles. Il doit s’agir d’une raison objective et réelle, car un refus basé sur des motifs discriminatoires ou subjectifs est abusif.
Attention : l’employeur a l’impossibilité de refuser des congés s’ils sont demandés en raison d’un décès, d’un mariage ou d’une naissance. Lorsque deux conjoints travaillent dans une même entreprise, ils ont le droit d’obtenir leurs congés en même temps (article L3141-14 du Code du travail).
Néanmoins, les congés payés sont un droit pour le salarié, c’est pourquoi il ne peut pas toujours décider de la date. En effet, l’ordre des départs en congé est fixé de deux manières :
- soit il existe une convention, un accord de branche, d’entreprise et d’établissement fixant la période des congés, l’ordre de départ en congé et le délai à respecter par l’employeur s’il veut les modifier (article L. 3141-15 du Code du travail).
- soit il n’existe pas de convention ou d’accord et, dans ce cas, l’employeur détermine la période des congés, l’ordre des départs en congé en tenant compte de la situation familiale, de l’ancienneté et des contraintes professionnelles des salariés.
💡S’il y a un comité social et économique dans l’entreprise, celui-ci donnera son avis. Par ailleurs, l’employeur ne peut modifier les dates de congés moins d’un mois avant, sauf situation exceptionnelle (article L. 3141-16 du Code du travail).
L’employeur peut donc refuser les dates de congés d’un salarié, à condition de respecter la convention ou l’accord applicable, et sous réserve que ce refus ne soit pas abusif.
Est-il possible pour un employeur de refuser des congés payés trois fois ?
Aucun texte ne fixe un nombre maximal de refus. Un employeur peut donc refuser plusieurs demandes successives si chaque refus est objectivement justifié. En revanche, des refus répétés ayant pour effet d’empêcher durablement le salarié de prendre ses congés peuvent être contestés.
Quand un refus de congés devient-il abusif ?
Un refus peut être contesté lorsqu’il n’est fondé sur aucune nécessité objective ou lorsqu’il prive en pratique le salarié de la possibilité d’exercer son droit à congé.
La répétition des refus constitue un élément particulièrement important, sans pour autant suffire à reconnaître un abus, mais une succession de refus sans proposition alternative peut révéler une atteinte au droit du salarié.
Le refus ne doit pas être fondé sur un motif discriminatoire ou constituer une mesure de représailles.
Que se passe-t-il si une demande de congés payés reste sans réponse ?
L’absence de réponse ne doit pas être systématiquement assimilée à une autorisation. Toutefois, lorsque l’employeur connaissait les dates demandées et n’a formulé aucun refus, le salarié qui part en congé ne commet pas nécessairement une faute et son absence ne constitue pas un abandon de poste. Il reste néanmoins préférable d’obtenir une validation écrite avant le départ.
L’employeur peut-il modifier des congés déjà acceptés ?
L’employeur a la possibilité de modifier des congés déjà acceptés, mais sous conditions. À défaut de règle conventionnelle différente, l’employeur ne peut normalement modifier l’ordre ou les dates de départ moins d’1 mois avant la date prévue, sauf circonstances exceptionnelles.
L’employeur peut-il imposer des congés payés ?
L’organisation des départs relève en partie du pouvoir de direction de l’employeur, sous réserve du respect de l’accord collectif, de la convention collective et des délais applicables. Le salarié ne dispose donc pas toujours d’un libre choix de ses dates.
Peut-on refuser des congés pendant les vacances scolaires ?
Un refus est possible si l’organisation de l’entreprise le justifie. Toutefois, lorsqu’il fixe l’ordre des départs à défaut d’accord collectif, l’employeur doit tenir compte notamment de la situation familiale des salariés.
Des conjoints travaillant dans la même entreprise peuvent-ils prendre leurs congés ensemble ?
Les conjoints et partenaires liés par un PACS travaillant dans la même entreprise ont droit à un congé simultané.
L’employeur peut-il refuser des congés pour manque de personnel ?
L’employeur peut refuser des congés pour manque de personnel. En effet, le maintien d’un effectif suffisant ou la continuité du service peuvent justifier un refus. Toutefois, l’employeur doit organiser le travail de manière à permettre aux salariés d’exercer effectivement leur droit aux congés.
L’employeur doit-il permettre au salarié de prendre effectivement ses congés ?
Le droit aux congés payés doit pouvoir être effectivement exercé. L’employeur ne peut pas se contenter de refuser indéfiniment toutes les périodes proposées.
L’organisation des départs doit donc permettre à chaque salarié de bénéficier des congés acquis dans les conditions prévues par les textes applicables.
Peut-on partir malgré un refus de congés ?
Lorsque l’employeur a expressément refusé les dates demandées, le salarié ne devrait pas décider unilatéralement de s’absenter. Un départ malgré un refus peut constituer une absence injustifiée et exposer le salarié à une sanction disciplinaire, dont la gravité dépend des circonstances.
Que faire si l’employeur annule des congés déjà acceptés ?
Lorsque les dates ont déjà été fixées, l’employeur ne peut normalement pas les modifier moins d’1 mois avant le départ, sauf circonstances exceptionnelles ou dispositions conventionnelles spécifiques.
Une annulation très tardive doit donc être examinée au regard :
- du délai restant avant le départ ;
- de l’existence de circonstances exceptionnelles ;
- des dispositions de la convention collective ;
- et des conséquences éventuellement subies par le salarié.
Si le salarié a déjà engagé des frais importants, ces éléments peuvent également être utiles dans le cadre d’une éventuelle demande de réparation.
Congés payés et arrêt maladie : quelles règles depuis 2024 ?
La loi du 22 avril 2024 a fait évoluer le régime des congés payés en cas de maladie.
Lorsqu’un salarié n’a pas pu prendre ses congés en raison d’un arrêt de travail pour maladie ou accident, il bénéficie en principe d’une période de report de 15 mois. Cette période commence, dans de nombreuses situations, lorsque l’employeur lui transmet après son retour les informations relatives au nombre de jours dont il dispose et à leur date limite de prise.
L’employeur doit communiquer ces informations dans le mois suivant la reprise du travail.
Consultez nos articles sur le sujet :
Que faire si un employeur refuse qu’un salarié prenne ses congés payés ?
Le refus d’une demande de congés payés n’est pas nécessairement illégal. La première étape consiste à vérifier pourquoi l’employeur refuse, si les règles conventionnelles ont été respectées et si le salarié bénéficie réellement de la possibilité de prendre ses congés à une autre date.
Ainsi, il n’est possible de contester la décision de l’employeur que si ce refus est abusif. En d’autres termes, le salarié pourra remettre en cause la décision de son employeur si la décision de ne pas accorder les congés n’est pas justifiée par une raison valable. Dans ce cas, il est possible de mettre en demeure l’employeur, voire de saisir le Conseil de prud’hommes.
De même, si l’employeur ne respecte pas les durées légales ou change les dates de congé au dernier moment, il encourt des sanctions sous la forme de dommages et intérêts.
Attention : si un salarié s’octroie des vacances alors que son employeur lui a refusé ses congés, il peut être licencié, car cela constitue un abandon de poste.
Vérifier la convention collective et les règles de l’entreprise
L’accord d’entreprise, d’établissement ou de branche peut déterminer :
- la période de prise des congés ;
- l’ordre des départs ;
- les délais de demande ;
- les conditions dans lesquelles les dates peuvent être modifiées.
À défaut d’accord, l’employeur organise lui-même les départs après avis éventuel du CSE et en tenant compte des critères légaux, notamment la situation de famille, l’ancienneté et l’activité exercée auprès d’autres employeurs.
Demander le motif du refus par écrit
Même si le Code du travail n’impose pas dans tous les cas une motivation formelle comparable à celle d’un licenciement, il est préférable de demander à l’employeur de préciser par écrit les raisons de son refus.
Cette démarche permet notamment de vérifier si la décision repose sur :
- la continuité du service ;
- une période de forte activité ;
- des départs simultanés trop nombreux ;
- les critères d’ordre des congés ;
- ou une autre contrainte objective liée à l’entreprise.
Elle permet également de conserver une preuve en cas de contentieux.
Saisir le conseil de prud’hommes
Lorsque le refus paraît illicite ou abusif, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes du lieu d’exercice de la prestation de travail.
Le juge peut notamment être saisi lorsque :
- les refus répétés empêchent la prise effective des congés ;
- l’employeur méconnaît un accord collectif ou une convention collective ;
- des dates déjà fixées sont modifiées irrégulièrement ;
- le salarié conteste une sanction prononcée après un départ en congé ;
- ou un préjudice résulte du comportement de l’employeur.
Selon l’urgence, une procédure de référé prud’homal peut également être envisagée lorsque les conditions légales sont réunies.
Quelles preuves conserver ?
Le salarié doit conserver tous les éléments relatifs à ses demandes et aux réponses obtenues :
- demandes de congés effectuées via un logiciel RH ;
- courriels ;
- SMS ou messages professionnels ;
- validation ou refus de l’employeur ;
- planning ;
- convention collective ;
- accord d’entreprise ;
- documents indiquant l’ordre des départs.
Ces éléments permettent de démontrer les dates demandées, les motifs invoqués par l’employeur et l’éventuelle répétition des refus.
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