Recours | pour contester une sanction disciplinaire

  • Contestation d’un avertissement au travail
  • Contestation d’un blâme
  • Contestation d’une mise à pied disciplinaire
  • Sanction disciplinaire injustifiée
  • Sanction disproportionnée par rapport à la faute
  • Non-respect de la procédure disciplinaire
  • Contestation des faits reprochés par l’employeur
  • Double sanction pour les mêmes faits
  • Sanction prononcée hors délai
  • Sanction interdite ou discriminatoire
  • Saisine du conseil de prud’hommes
  • Demande d’annulation de la sanction

Démarrez la procédure

Un salarié peut contester une sanction disciplinaire lorsqu’il estime que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis, que la sanction est disproportionnée ou que l’employeur n’a pas respecté la procédure disciplinaire.

Une sanction disciplinaire est une mesure, autre qu’une simple observation verbale, prise par l’employeur à la suite d’un comportement qu’il considère comme fautif. Elle peut affecter ou non la présence du salarié dans l’entreprise, sa fonction, sa carrière ou sa rémunération.

Toutes les sanctions ne sont toutefois pas autorisées. Les sanctions pécuniaires sont notamment interdites. L’employeur doit également respecter la procédure prévue par le Code du travail et, lorsqu’ils sont applicables, le règlement intérieur, la convention collective ou les accords collectifs de l’entreprise.

Le Code du travail permet au conseil de prud’hommes de contrôler la régularité et le bien-fondé de la sanction et, selon les circonstances, de l’annuler. Avertissement, blâme, mise à pied disciplinaire ou rétrogradation : les recours dépendent notamment de la nature de la mesure prononcée et des règles prévues par le règlement intérieur et la convention collective.

Explications et questions fréquentes 

Sanction disciplinaire : définition

Une sanction disciplinaire est prononcée par l’employeur lorsqu’il estime que le comportement du salarié, qu’il soit un acte ou une abstention, commis avec ou sans intention de nuire, constitue une faute : non-respect des règles de discipline, violation d’une obligation de confidentialité, injures et menaces, etc.

Il existe une large gradation de sanctions possibles, allant de

En revanche, les amendes et autres sanctions pécuniaires (réduction d’une prime, retenue sur salaire, etc.) sont interdites (article L. 1331-2 du Code du travail).

⚠️ De plus, l’employeur est tenu par la règle de non-cumul des sanctions : il ne peut sanctionner plusieurs fois une même faute.

À noter : Aucune faute ne peut à elle seule donner lieu à sanction passé un délai de 2 mois à compter du jour où l’employeur en a eu connaissance (article L. 1332-4 du Code du travail). De plus, aucune sanction datant de plus de 3 ans ne peut être invoquée à l’appui d’une nouvelle sanction (article L. 1332-5 du Code du travail).

Quels sont les 3 types de sanctions disciplinaires ?

Il n’existe pas juridiquement seulement trois types de sanctions.

Selon le règlement intérieur et la gravité de la faute, l’employeur peut notamment prononcer un avertissement, un blâme, une mise à pied disciplinaire, une mutation ou une rétrogradation disciplinaire lorsque leurs conditions sont réunies, voire un licenciement disciplinaire.

Les sanctions pécuniaires sont en revanche interdites.

Comment se défendre contre une sanction disciplinaire ?

Le salarié peut commencer par contester la sanction par écrit auprès de son employeur en exposant précisément les faits qu’il conteste et en joignant les preuves utiles*.

💡*En matière prud’homale, la preuve est libre et peut être rapportée par tout moyen. Une preuve obtenue de manière déloyale, notamment par un enregistrement réalisé à l’insu de l’employeur, n’est plus nécessairement irrecevable. Depuis un revirement de jurisprudence, le juge doit mettre en balance le droit à la preuve et les droits antinomiques en présence : la preuve déloyale peut être admise lorsque sa production est indispensable à l’exercice du droit à la preuve et que l’atteinte portée aux droits de la partie adverse est strictement proportionnée au but poursuivi (Cass., ass. plén., 22 déc. 2023, n° 20-20.648).

Si la sanction n’est pas retirée, il peut saisir le conseil de prud’hommes, qui vérifie sa régularité, la réalité des faits reprochés et sa proportionnalité.

Quel est le délai pour contester un avertissement disciplinaire ?

Il n’existe pas dans les dispositions relatives au droit disciplinaire de délai spécial propre à la contestation d’un avertissement.

La contestation judiciaire relève des règles de prescription applicables à l’action exercée. Il est néanmoins préférable de contester rapidement l’avertissement, notamment parce qu’une sanction datant de moins de 3 ans peut, dans les conditions légales, être invoquée à l’appui d’une nouvelle sanction.

L’employeur doit-il convoquer le salarié avant un avertissement ?

Lorsque la sanction envisagée est un avertissement ou une sanction de même nature qui n’a pas d’incidence sur la présence du salarié dans l’entreprise, sa fonction, sa carrière ou sa rémunération, l’entretien préalable prévu par l’article L. 1332-2 du Code du travail n’est en principe pas obligatoire.

Quel est le délai pour sanctionner un salarié ?

L’employeur dispose en principe de 2 mois à compter du jour où il a connaissance des faits fautifs pour engager des poursuites disciplinaires. Une exception existe notamment lorsque les faits ont donné lieu, dans ce délai, à des poursuites pénales.

Peut-on sanctionner deux fois un salarié pour la même faute ?

En principe, il n’est pas possible de sanctionner deux fois un salarié pour la même faute.

Lorsque l’employeur connaît plusieurs faits fautifs et choisit d’en sanctionner seulement certains, il épuise en principe son pouvoir disciplinaire pour les autres faits antérieurs dont il avait déjà connaissance.

Dans quels cas le salarié peut-il contester une sanction disciplinaire ?

Un salarié peut contester une sanction disciplinaire lorsqu’il estime que la procédure n’a pas été respectée, que les faits qui lui sont reprochés ne justifient pas la sanction ou que celle-ci est disproportionnée. Le conseil de prud’hommes peut en effet annuler une sanction irrégulière en la forme, injustifiée ou disproportionnée à la faute commise (article L. 1333-2 du Code du travail).

La procédure disciplinaire n’a pas été respectée

Une sanction disciplinaire peut être contestée lorsque l’employeur n’a pas respecté la procédure prévue par le Code du travail.

Lorsqu’un entretien préalable est obligatoire, l’employeur doit notamment :

  • convoquer le salarié à un entretien préalable par lettre recommandée ou par lettre remise en main propre contre récépissé. La convocation précise l’objet, la date, l’heure et le lieu de l’entretien et rappelle au salarié qu’il peut se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de l’entreprise (article R. 1332-1 du Code du travail) ;
  • exposer au salarié, au cours de l’entretien, les motifs de la sanction envisagée et recueillir ses explications ;
  • attendre au moins deux jours ouvrables après la date fixée pour l’entretien avant de prononcer la sanction. Celle-ci doit intervenir au plus tard un mois après cette date (article L. 1332-2 du Code du travail) ;
  • notifier au salarié une décision écrite et motivée, remise contre récépissé ou adressée par lettre recommandée (article R. 1332-2 du Code du travail).

Lorsque la sanction envisagée est un licenciement disciplinaire, des règles spécifiques s’appliquent. L’entretien préalable ne peut notamment avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation ou la remise de la lettre de convocation (article L. 1232-2 du Code du travail).

L’entretien préalable n’est toutefois pas obligatoire pour un avertissement ou une sanction de même nature qui n’a pas d’incidence, immédiate ou non, sur la présence du salarié dans l’entreprise, sa fonction, sa carrière ou sa rémunération. Le salarié doit néanmoins être informé par écrit des griefs retenus contre lui.

La sanction disciplinaire est injustifiée

Le salarié peut également contester une sanction disciplinaire lorsqu’il estime que les faits reprochés ne sont pas établis ou ne sont pas de nature à justifier une sanction.

En cas de litige, l’employeur doit communiquer au conseil de prud’hommes les éléments sur lesquels il s’est fondé pour sanctionner le salarié. Le juge examine également les éléments présentés par ce dernier. Si un doute subsiste, il profite au salarié (article L. 1333-1 du Code du travail).

Une sanction ne peut par ailleurs être fondée sur un motif illicite, notamment discriminatoire, ni sanctionner l’exercice par le salarié d’un droit ou d’une liberté lorsque la loi lui accorde une protection.

La sanction disciplinaire est disproportionnée par rapport à la faute

Même lorsque les faits reprochés au salarié sont établis et peuvent justifier une sanction, celle-ci doit rester proportionnée à leur gravité.

Le salarié peut donc saisir le conseil de prud’hommes s’il considère que la sanction prononcée est excessive au regard de la faute commise. Le juge peut alors contrôler la proportionnalité de la mesure et, hors cas particulier du licenciement soumis à son propre régime de contestation, annuler une sanction disproportionnée.

Ainsi, une contestation peut porter aussi bien sur la réalité des faits reprochés que sur le respect de la procédure ou sur le niveau de la sanction choisie par l’employeur.

Une sanction peut-elle être discriminatoire ?

Le pouvoir disciplinaire de l’employeur doit respecter les règles relatives aux discriminations et aux libertés des salariés.

Une sanction fondée sur un motif discriminatoire, par exemple l’état de santé, l’origine, le sexe, l’activité syndicale ou l’un des autres critères protégés par le Code du travail, relève d’un régime juridique spécifique.

De même, un salarié ne peut pas être sanctionné pour avoir légitimement exercé certains droits protégés.

Comment contester un avertissement auprès de son employeur ?

Avant de saisir la justice, le salarié peut adresser une lettre de contestation de l’avertissement à son employeur.

Cette lettre peut rappeler :

  • la date de l’avertissement ;
  • les griefs formulés ;
  • les faits que le salarié conteste ;
  • les éventuelles erreurs dans la version de l’employeur ;
  • les éléments de preuve disponibles ;
  • les irrégularités de procédure ;
  • le caractère éventuellement disproportionné de la sanction.

Le salarié peut demander expressément le retrait de la sanction de son dossier.

Il est préférable de conserver une preuve de l’envoi et de la réception de cette contestation.

Contester une mise à pied disciplinaire

La mise à pied disciplinaire constitue une véritable sanction : le salarié est temporairement écarté de l’entreprise et n’est pas rémunéré pendant la période concernée.

Elle doit être distinguée de la mise à pied conservatoire, qui n’est pas en elle-même une sanction, mais une mesure provisoire prise lorsque les faits reprochés rendent indispensable l’éloignement immédiat du salarié dans l’attente de la décision définitive.

Cette distinction est importante pour apprécier les droits du salarié et la régularité de la procédure.

Combien de temps un avertissement reste-t-il dans le dossier du salarié ?

Le Code du travail prévoit qu’une sanction antérieure de plus de 3 ans ne peut pas être invoquée à l’appui d’une nouvelle sanction disciplinaire. Cela ne signifie pas nécessairement que le document disparaît matériellement du dossier du salarié au terme de trois ans, mais que l’employeur ne peut plus l’utiliser pour justifier une nouvelle sanction.

Consultez nos articles sur le sujet :

Comment le salarié peut-il contester une sanction disciplinaire ?

Le salarié qui reçoit un avertissement, un blâme, une mise à pied ou une autre sanction disciplinaire peut d’abord vérifier si la mesure est justifiée, proportionnée et régulièrement prononcée.

Plusieurs motifs peuvent permettre de contester la décision de l’employeur.

1. Vérifier si la mesure constitue réellement une sanction disciplinaire

L’article L. 1331-1 du Code du travail définit la sanction disciplinaire comme toute mesure, autre que les observations verbales, prise par l’employeur à la suite d’un agissement du salarié considéré comme fautif.

L’appellation donnée au document par l’employeur n’est donc pas nécessairement déterminante.

Un courrier présenté comme un simple « rappel à l’ordre » peut, selon son contenu, constituer en réalité une sanction s’il formule des reproches relatifs à un comportement fautif et traduit la volonté de l’employeur de sanctionner le salarié.

Cette qualification est importante, notamment pour déterminer si l’employeur peut ensuite prononcer une nouvelle sanction pour les mêmes faits.

2. Vérifier la réalité des faits reprochés

L’employeur ne peut pas sanctionner un salarié sur la seule base d’allégations qui ne seraient pas établies.

En cas de contestation devant le conseil de prud’hommes, l’employeur doit fournir les éléments qu’il a retenus pour prononcer la sanction. Le salarié peut, de son côté, produire les éléments permettant de contester les griefs.

Le juge forme alors sa conviction au regard des éléments présentés par les deux parties. Si un doute subsiste, il profite au salarié.

Le salarié a donc intérêt à conserver tous les éléments susceptibles de démontrer la réalité de la situation :

  • courriels et échanges professionnels ;
  • SMS ou messages ;
  • attestations de collègues ;
  • planning et relevés d’horaires ;
  • objectifs et évaluations professionnelles ;
  • documents internes ;
  • règlement intérieur ;
  • convention collective ;
  • tout document directement lié aux faits reprochés.

3. Vérifier si la sanction est proportionnée

Même lorsque les faits sont établis, ils doivent être suffisamment sérieux pour justifier la sanction choisie.

Le conseil de prud’hommes peut ainsi annuler une sanction disproportionnée à la faute commise.

Une mise à pied disciplinaire peut par exemple être contestée lorsque la nature ou la gravité des faits ne justifie pas une mesure aussi importante.

Le juge examine alors concrètement les circonstances de l’affaire.

4. Vérifier le règlement intérieur

Dans les entreprises dans lesquelles un règlement intérieur est obligatoire, celui-ci fixe notamment les règles générales et permanentes relatives à la discipline et la nature et l’échelle des sanctions que peut prendre l’employeur.

Avant de contester une sanction, il est donc important de vérifier si celle-ci est prévue par le règlement intérieur applicable à l’entreprise et si les conditions qu’il fixe ont été respectées.

La convention collective peut également prévoir des garanties disciplinaires supplémentaires.

5. Vérifier le délai de 2 mois

L’employeur ne peut en principe engager des poursuites disciplinaires plus de 2 mois après le jour où il a eu connaissance des faits fautifs.

Le point de départ n’est donc pas nécessairement la date à laquelle les faits se sont produits, mais celle à laquelle l’employeur en a eu une connaissance suffisante.

Lorsque la procédure est engagée trop tard, le salarié peut invoquer la prescription des faits disciplinaires.

Une exception est notamment prévue lorsque les faits ont donné lieu, dans ce délai, à l’exercice de poursuites pénales.

6. Vérifier le respect de la procédure disciplinaire

Aucune sanction ne peut être prononcée sans que le salarié soit informé par écrit des griefs retenus contre lui.

Pour les sanctions ayant une incidence sur la présence du salarié dans l’entreprise, sa fonction, sa carrière ou sa rémunération, l’employeur doit en principe convoquer le salarié à un entretien préalable.

La convocation doit préciser son objet.

Pendant l’entretien, l’employeur expose le motif de la sanction envisagée et recueille les explications du salarié. Celui-ci peut se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de l’entreprise.

La sanction ne peut ensuite être notifiée moins de deux jours ouvrables ni plus d’un mois après le jour fixé pour l’entretien.

Elle doit être motivée et notifiée au salarié.

7. Saisir le conseil de prud’hommes

Si l’employeur refuse de retirer la sanction, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes.

L’article L. 1333-1 du Code du travail confère au juge un contrôle particulièrement étendu : il vérifie la régularité de la procédure et détermine si les faits reprochés sont de nature à justifier la sanction.

Le conseil de prud’hommes peut annuler une sanction irrégulière en la forme, injustifiée ou disproportionnée à la faute commise.

Selon les circonstances et le préjudice effectivement démontré, le salarié peut également formuler les demandes indemnitaires correspondant à sa situation.

Quelles conséquences en cas d’annulation ?

L’annulation prive la sanction de ses effets.

Les conséquences concrètes dépendent de sa nature. En cas d’annulation d’une mise à pied disciplinaire ayant entraîné une perte de salaire, le salarié peut notamment réclamer le rappel des sommes dont il a été privé.

L’annulation permet également d’éviter que la sanction soit ultérieurement utilisée pour justifier une nouvelle mesure disciplinaire.

Faut-il un avocat pour contester une sanction disciplinaire ?

L’avocat n’est pas obligatoire devant le conseil de prud’hommes. Son intervention peut toutefois être utile lorsque la qualification des faits est discutée, que la sanction entraîne des conséquences professionnelles importantes ou qu’elle s’inscrit dans un conflit plus large avec l’employeur.

Il peut notamment vérifier la procédure, analyser les preuves, déterminer les demandes pouvant être formulées et représenter le salarié devant la juridiction.

Consultez nos solutions pour régler votre litige :

Procédure Amiable

Tentative de conciliation à l'amiable
avec votre adversaire
  • Mise en demeure de votre adversaire
  • Édition du dossier juridique complet
  • Envoi recommandé avec AR

PACK Procédure complète
Amiable & Judiciaire

Tentative de conciliation à l'amiable
& saisine du Conseil de Prud'hommes
  • Mise en demeure de votre adversaire
  • Édition du dossier juridique complet
  • Signature électronique du dossier
  • Envoi recommandé avec AR
  • Saisine du Conseil de Prud'hommes
  • Convocation devant le Conseil de Prud'hommes
  • Décision du juge

PACK Procédure complète par Avocat
spécialisé en droit du travail

Conseil, assistance et représentation
par votre Avocat en droit du travail
Logo litige dot fr cospa offer
  • Édition du dossier juridique
  • Consultation téléphonique avec un avocat
  • Négociations avec l'employeur
  • Saisine du Conseil de Prud'hommes
  • Audience de conciliation : votre avocat vous représente
  • Audience devant le Juge : votre avocat vous représente
  • Vous obtenez un jugement